Comment j'en suis venue à être végane (ou presque)

by - décembre 04, 2019


Je me souviens qu'au lycée j'ai fait une tentative de végétarisme pendant à peu près une année. Le problème c'est que je m'y étais prise comme un pied. Mes plats, au lieu d'être équilibrés, ressemblaient plutôt à des assiettes de danseuse étoile. Par exemple, si ma mère préparait des petits pois au jambon, je ne mangeais que les petits pois. Je n'ajoutais pas toujours un steak de soja ou bien les rares options végétariennes et végétaliennes que l'on pouvait trouver en banlieue parisienne il y a de ça 12 ans. Faisant n'importe quoi, je suis évidemment devenue assez faible et ai donc pitoyablement repris la viande et les autres dérivés de produits animaux.

Ce n'est qu'en 2015 que je suis revenue à un mode d'alimentation végéta*ien et je dois l'avouer, un peu par hasard. Cet été là, je m'étais lancé plusieurs défis à tenir pendant une semaine dont celui de ne manger aucun produit dérivé de l'exploitation animale (ni viande, ni oeuf, ni produit laitier, ni miel). J'étais déjà un peu dans le truc car j'avais préalablement réduit ma consommation de viande à 1 à 2 fois par semaine pour des raisons financières et écologiques (je voulais manger à 100% bio et on le sait, la viande bio, ça coûte ultra cher !).

Nos plats préférés: tartines avocat/champignons et chili con soya

Puis, de fil en aiguille, et au cours de mes nombreuses recherches, je suis tombée sur des documentaires assez difficiles à voir mais qui ont pour moi été indispensables dans le renforcement de mes convictions. Il s'agit de la trinité: Cowspiracy, Forks over knives et Earthlings (le coup de grâce ce film). Si je savais déjà que la consommation de viande était mauvaise pour l'environnement, je n'avais certainement pas réalisé à quel point les animaux souffraient dans l'histoire. Pourtant j'ai toujours aimé les animaux.

Nous avons eu une dizaine de chats depuis ma naissance, un chien, 2 lapins, 1 hamster, 1 rat et 4 poissons rouges. A cause des lapins, nous avons rapidement arrêté d'en manger. Je faisais de l'équitation, du coup le cheval n'a jamais eu sa place dans nos assiettes. Mais les vaches, les poules et les cochons, jamais on ne s'était penché sur le sensibilité. C'est moi qui l'ai fait de mon propre chef à ce moment là et étant dotée d'une empathie très profonde, je n'ai pas pu continuer de me voiler la face.

Doughnuts et english breakfast à Londres

Je suis donc à ce moment passée de flexitarienne à végétarienne. Mais évidemment, avec ma curiosité grandissante, vous vous doutez que je suis rapidement devenue végane (ou presque), car l'industrie du lait et des oeufs ne sont pas plus jolis à voir que celle de la viande.

Pourquoi je dis végane (ou presque) ? Tout simplement parce qu'il m'arrive encore de manger des aliments non vegans que ce soit intentionnel ou pas. On peut difficilement se défaire d'un schéma qu'on a suivi pendant les 25 premières années de sa vie et on peut difficilement contrôler absolument tout ce que l'on mange, qu'il s'agisse de produits transformés ou bien en collectivité. Je suis végane (ou presque) aussi parce que peu de gens le savent mais dans l'agriculture biologique, les engrais sont bien souvent: du guano (fientes d'oiseaux séchées), du sang séché, de la corne séchée ou bien du fumier. Et oui, nos fruits et légumes achetés pour préparer nos petits plats sans cruauté se sont potentiellement nourris de l'exploitation animale.

D'autant plus que les deux boissons festives préférées des français sont le vin et la bière. La colle qui sert à coller l'étiquette sur la bouteille de bière est potentiellement faite à base de poisson. Et le système de filtration du vin est dans la majeur partie du temps fait à partir de coquilles d'oeufs ou bien de gélatine animale.

Mon gâteau d'anniversaire de cette année et lait d'or

Nous vivons dans un monde bien plus complexe qu'on ne le croit et c'est pour cela que j'ai appris avec le temps à être bienveillante envers moi-même et envers les autres en matière de militantisme car nous avons tous nos petits défauts mais aussi et surtout, le système dans lequel nous évoluons ne nous pousse pas à être curieux et à vouloir savoir d'où vient ce que nous mangeons réellement.

Mais cela ne m'empêche tout de même pas de dire qu'aujourd'hui, je suis fière d'être végane... ou presque !

Etes-vous végéta*ien.ne ? Si non, vous êtes-vous déjà lancé des défis vegans (ex: pic nique vegan, noël vegan, gâteau vegan, etc.) ? Qu'est-ce qui vous empêche de sauter le pas ?

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10 commentaires

  1. Bonjour,
    Je te conseille également de manger local.
    Par exemple, les avocats sont eux aussi un désastre écologique. Entre bilan carbone qui explose, déforestation et consommation excessive d'eau, ce n'est pas beaucoup mieux que la viande.
    Pour plus d'infos :
    https://www.nouvelobs.com/planete/20161117.OBS1338/vous-ne-regarderez-plus-jamais-les-avocats-de-la-meme-facon.html
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-l-avocat-un-desastre-ecologique-pour-le-mexique_2380033.html
    Bonne journée.

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    1. Je mange à 100% local pour les fruits et légumes. Le problème c'est que mon copain est très difficile, il n'aime aucun chou, les courgettes lui donnent la nausée, la plupart des légumes verts c'est niet, bref je m'adapte comme je peux. Je suis bien consciente des problèmes liés à la culture de l'avocat mais il faut faire un pas l'un vers l'autre. Il ne mange quasiment plus de viande et jamais en ma présence, j'accepte donc de manger de l'avocat avec lui tout en me disant que je fais déjà énormément à côté dans ma vie de tous les jours.

      En tout cas merci pour les liens si ça peut éveiller certaines consciences ! ;)

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  2. merci pour ce témoignage ! j'ai été flexitarienne plusieurs années (souci écologique d'abord puis éthique, comme toi), et cela fait qq semaines seulement que je me suis "déclarée" végéta*ienne ... et si les premiers jours, cela m'a soulagée d'un grand poids (être plus cohérente avec mes convictions et ne plus tergiverser quand je suis avec d'autres), depuis les questions se posent à moi avec encore plus de force : si l'on commence cette logique, on voudrait aller au bout, mais c'est -comme tu le dis avec ton "presque"- impossible dans notre société. Disant cela, je réalise que ça peut sembler se dédouaner de toute responsabilité pour les "écarts" d'avec le véganisme pur ; en fait, c'est juste que c'est si difficile d'admettre qu'on ne pourra pas aller au bout de notre idée ! Par exemple, si je voulais refuser le cuir des chaussures, je devrais opter pour des espadrilles toute l'année ? ou des chaussures en poil de pétrole ?! Dilemme dilemme ! Tenter le végéta*isme est une entreprise que je trouve vraiment intellectuellement douloureuse (mais parallèlement à cela, le défi culinaire est un challenge que j'adore !). Mon mari essaye de me rassurer (il n'est pas végé mais soutient pleinement mon choix et s'aligne sur ma façon de cuisiner) en disant que le geste et les convictions feront plus pour la planète que l'effet effectif de mon refus de 3 steacks et 2 oeufs ... je crois qu'il a raison, en fait. Mais il est bon de se soutenir avec des messages comme le tien qui remettent les choses à leur place relative ! (les vegans absolus, en terme d'exclusion de toute autre manière de faire, me semblent autant dans l'erreur que les omni indécrottables qui ne se penchent même pas sur le sujet avant de nous tâcler !)

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    1. Tu as tout à fait raison. Pour l'habillement c'est d'une complexité extrême. J'ai encore des accessoires en cuir de mon ancienne vie (ou même de ma mère et grand-mère) et je les réparerai jusqu'à ce que ce ne soit plus faisable. De plus, je trouve que les marques qui produisent à partir de matières naturelles animales recyclées, c'est un moindre mal. Les similis cuirs à base de plastique ce n'est pas la solution parfaite bien que je ne sois pas à 100% contre dans certains cas. Comme on le disait, nous vivons dans un monde bien trop complexe.

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  3. Hello,

    Merci pour cet article ultra bienveillant !

    De mon côté, je suis devenue végétarienne du jour au lendemain il y a un peu plus d'un an. C'est quand je me suis rendue compte que je n'étais pas capable de regarder une vidéo dans un abattoir sans pleurer toutes les larmes de mon corps et sans culpabiliser que je me suis dis qu'il était temps d'affronter la réalité. Devenir végétarienne à été très facile pour moi car je n'étais pas une grande fan de viande (plutôt fan de charcuterie mais ça ne me manque pas).

    Par contre pour ma transition vers le veganisme c'est plus compliqué car comme tu le dis quand on a suivi un schéma pendant des années c'est dur de s'en défaire. Et encore plus dur à l'extérieur (amis, resto, famille).

    Mais grâce à des blogs, des comptes insta comme le tien, cela me donne espoir et me permet de ne pas baisser les bras. Et c'est d'autant plus agréable quand on finit pas susciter la curiosité des autres et qu'on voit qu'ils commencent eux aussi à changer petit à petit !

    En tout cas, tes photos me donnent terriblement faim :D

    Merci encore pour tes mots !

    Bises
    Justine

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    1. Merci pour ton témoignage Justine ! En effet le plus dur c'est en dehors de la maison. A la maison je n'ai aucun problème à être à 100% en phase avec mes convictions mais une fois que je sors avec des amis ou que je vais dîner en famille ça se complique. Le simple fait d'aller boire une bière en terrasse implique le fait de ne pas consommer quelque chose en phase avec mes valeurs. Mais il faut être bienveillant envers soi-même sinon on baisse vite les bras... <3

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  4. Merci pour ton témoignage ! Et n'écoute pas les commentaires qui te disent que tu pourrais faire mieux (cf ci-dessus). J'ai testé un défi local/zéro déchet ET vegan il y a quelques jours, c'est faisable mais pas si simple que ça !
    Perso je suis... je sais pas !! Flexible ? Végétarienne sociale ? Chez moi je mange quasi vegan (exceptions : les oeufs de chez mes parents au printemps/Eté et de manière exceptionnelle, du miel), mais à l'extérieur je suis plutôt végétarienne. Ce qui n'est déjà pas évident parce que je suis guide touristique et que lorsque j'emmène un groupe au restau, c'est le même menu pour tout le monde. Du coup je dois systématiquement penser à téléphoner au restaurant la veille. Aujourd'hui j'ai oublié, du coup je n'ai pas voulu leur mettre la pression et j'ai mangé de la viande. Je suis très soucieuse du regard des autres et j'ai peur de déranger. Et l'accès aux produits vegans n'est pas toujours évident, donc il y a des concessions que je n'ai pas envie de faire quand je ne suis pas chez moi. Bref, chacun ses freins!

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    1. Oh comme je te comprends ! Le nombre de fois où je suis allée au restaurant avec des amis et où je me rends compte qu'il n'y a pas d'option vegan/végé... C'est chiant ces étiquettes. Pour ma part je pense qu'on pourrait dire que je suis flexitalienne car végétalienne à 95% du temps, les 4% restants végétarienne et le 1% restant je consomme un truc genre bouillon à base de viande sans le savoir par exemple. Merci pour ton commentaire plein de bienveillance ! <3

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  5. Gardez raison, lorsque j'étais enfant -je suis une grand-mère- il n'y avait pas de fruits exotiques sauf bananes et oranges chez le marchand de fruits et légumes, juste les produits de saisons cela suffisait, j'ai mangé mon premier pamplemousse à 22 ans. Comment être très strict lorsqu'on vit en ville sans jardin pour cultiver et composter. Etre excessive provoque l'effet contraire à celui escompter on se rend insupportable à son entourage. Faire du mieux possible c'est bien, ne pas se carencer car nous sommes des omnivores. Bonne route

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  6. Je me désigne comme étant presque végétarienne. Il y a 1an et demi maintenant, j'ai été traumatisé, littéralement par des vidéos tournées dans des abattoirs. J'ai pleuré des nuits entières. J'ai toujours eu une sensibilité débordante pour la nature et les animaux. Je suis antispéciste.
    J'ai depuis arrêté de manger de la viande. Totalement. C'est physique je ne peux plus. Pour le poisson, j'y travaille. Il m'arrive encore à des moments d'en manger à l'occasion, lorsque ma satanée gourmandise prend le dessus. Mais j'y travaille. Je tends donc vers cette consommation 0% chair animale. Je n'achète plus non plus de cuir. Mes vêtements en laine ne sont que d'occasion. Ma manière de vivre à totalement changé depuis ce "traumatisme". Mon jugement sur les humains qui m'entourent également.
    Un jour, j'aimerais devenir presque végane, comme toi. Je dis presque car je continuerai à consommer des œufs. Pourquoi ? Parce que j'ai découvert une "marque", Poulehouse qui ne tue pas la poule. Je conseille à tout le monde d'y jeter un œil.
    Voilà pour ma petite histoire. Merci pour ce post, qui fait du bien. Pour ceux conscients du massacre animal, il est parfois difficile de rester positif et de sourire à la vie. Donc, merci pour ce genre d'article qui fait du bien.

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